Le Figaro
Décès du philosophe marxiste Labica
Le philosophe Georges Labica, spécialiste de l’histoire de la théorie marxiste, est décédé jeudi d’une hémorragie cérébrale, ont indiqué aujourd’hui les éditions Le Temps des Cerises.
Né en 1930, ce professeur émérite des Universités a enseigné la philosophie politique à l’université de Paris-X Nanterre, et est l’auteur de nombreux ouvrages dont «Démocratie et Révolution» (éd. le Temps des cerises), «Théorie de la violence» (éd. La Citta del Sole), «L’oeuvre de Marx, un siècle après» (PUF). Il a co-dirigé le «Dictionnaire critique du marxisme» (PUF).
Militant anti-colonialiste et anti-impérialiste, il était également un fin connaisseur du monde et de la culture arabes, auxquels il a consacré plusieurs ouvrages.
Le philosophe Georges Labica, spécialiste de l’histoire de la théorie marxiste, est décédé jeudi d’une hémorragie cérébrale, ont indiqué samedi les éditions Le Temps des Cerises.
Né en 1930, ce professeur émérite des Universités a enseigné la philosophie politique à l’université de Paris-X Nanterre, et est l’auteur de nombreux ouvrages dont «Démocratie et Révolution» (éd. le Temps des cerises), «Théorie de la violence» (éd. La Citta del Sole), «L’oeuvre de Marx, un siècle après» (PUF). Il a co-dirigé le «Dictionnaire critique du marxisme» (PUF).
La Sociale
Analyses et débats pour le renouveau d’une pensée de l’émancipation
Par Denis Collin • Actualités • Dimanche 15/02/2009 • 0 commentaires • Lu 30 fois •
Notre ami Georges Labica nous a quittés jeudi 12 février, victime d’une hémorragie cérébrale. Né en 1930, il fut une des grandes figures intellectuelles du marxisme. Longtemps professeur à l’université de Nanterre, il avait contribué à en faire un lieu vivant de la philosophie. Outre ses très nombreux travaux sur Marx et le marxisme – dont l’indispensable Dictionnaire critique du marxisme (co-dirigé avec Bensussan, republié en PUF-Quadrige), il était un connaisseur érudit du monde arabe, de son histoire, de la politique, et de sa culture (il est l’auteur, par exemple, de Politique et religion chez Ibn Khaldoun. Essai sur l’idéologie musulmane, Alger, Société nationale d’édition et de diffusion, 1968). Son dernier ouvrage, Théorie de la violence mettait une fois de plus sa vaste érudition au service d’un appel à la résistance et à une stratégie combinant révolution et démocratie en vue d’une « paix libératrice en lieu et place de la violence systémique. »
J’ai connu Georges en passant ma thèse doctorat dont il présidait le jury. Nous nous sommes ensuite un peu fréquentés dans divers lieux de recherche et séminaires autour de l’oeuvre de Marx. Nous nous sommes retrouvés autour de la revue Utopie Critique où il continuait de tenir régulièrement les «Brèves». Dans le numéro 47 de cette revue (à paraître le 15 février), on trouvera la première partie de son étude «Le carrefour de mai 1968«. À «La Sociale«, il avait confié encore récemment une petite nouvelle, La Supérette, qui se terminait par un appel à l’insurrection contre cette société capitaliste insupportable. Georges Labica est resté jusqu’au fidèle à l’esprit de révolte, fidèle à ses idéaux… Un exemple à suivre.
Pour retrouver les travaux de Georges Labica, on peut consulter son site WEB. Il avait aussi enregistré des cours qu’on peut retrouver sur le site de l’Encyclopédie Sonore: sur «la République» de Platon, sur les classes sociales chez Marx, sur le concept d’égalité, sur le concept de révolution, sur le marxisme, sur Marx et Engels, sur philosophie et politique, sur «les Lois» de Platon.
Denis Collin
Parmi ses oeuvres je retiendrais:
Politique et religion chez Ibn Khaldoun. Essai sur l’idéologie musulmane, Alger, Société nationale d’édition et de diffusion, 1968.
Le Statut marxiste de la philosophie, Bruxelles, Éditions Complexe ; Paris, Presses universitaires de France, « Dialectique », 1976.
avec Gérard Bensussan (dir.), Dictionnaire critique du marxisme, en collaboration avec la revue Dialectiques, Paris, Presses universitaires de France, 1982 ; 3e éd., 1999, coll. « Quadrige ».
Karl Marx : les « Thèses sur Feuerbach », Paris, Presses universitaires de France, 1987.
Le Paradigme du Grand-Hornu. Essai sur l’idéologie, Montreuil-sous-Bois, PEC-la Brèche, 1987
Robespierre : une politique de la philosophie, Paris, Presses universitaires de France, « Philosophie », 1990.
avec Jean Robelin, (dir.), Politique et religion, Paris, Éditions l’Harmattan, 1994.
(dir.), Friedrich Engels, savant et révolutionnaire, actes du colloque international de Nanterre, 17-21 octobre 1995, organisé par le Centre de philosophie politique, économique et sociale du CNRS, publié par Mireille Delbraccio, Paris, PUF, « Actuel Marx confrontation », 1997.
Théorie de la violence, Naples, la Città del sole ; Paris, J. Vrin, « La pensée et l’histoire », 2007.
Blog de Marc Viellard, Ecrivain
http://marcviellardecrivain.vox.com/library/post/mort-de-georges-labica.html?_c=feed-atom
- 14 févr. 09 at 20:06
- 2 comments
Georges était à la fois un camarade, un grand intellectuel, un homme honnête et aimable. Une de ces grandes figures de la Gauche que j’ai eu la chance de rencontrer. Il est mort jeudi 12 février d’une hémorragie cérébrale.
Ces écrits sont précieux à ceux qui voient dans le marxisme la clé du monde actuelle et la base de la reconstruction de nos économies et de nos sociétés.
Je copie ici le texte que Francis Combes a écrit pour les éditions Le Temps des Cerises et que j’ai diffusé à la presse ce matin.
Georges Labica
Le philosophe Georges Labica vient de décéder, brutalement, le jeudi 12 février, d’une hémorragie cérébrale. Ceux qui ont eu la chance de la fréquenter et de travailler avec lui ressentent une grande peine et une énorme perte. Georges était un homme fraternel, à l’intelligence toujours en éveil, un intellectuel ouvert et combatif, un pédagogue et un orateur hors pairs, un esprit libre et un militant dont l’internationalisme et l’engagement ne se sont jamais démentis. Il était certainement l’un des penseurs marxistes les plus marquants d’aujourd’hui.
Outre son activité d’enseignant pendant des années, de l’Algérie à la faculté de Nanterre, il a produit une œuvre théorique nécessaire pour notre époque. Il fut notamment le co-directeur de cette somme qu’est « le Dictionnaire critique du marxisme ». Et, récemment, il avait fait paraître un grand essai, à contre-courant des platitudes bien pensantes en vogue actuellement, sa « Théorie de la violence » .
Aux éditions Le Temps des Cerises, il a notamment publié « Démocratie et révolution », qui explore de façon vive et stimulante le rapport entre ces deux termes, contribuant par là à refonder une pensée révolutionnaire pour aujourd’hui. Pour lui, Démocratie et Révolution sont plus que jamais indissociables. La démocratie pour la révolution, la révolution pour la démocratie : il n’est pas d’autre programme dans la lutte des classes antilibérale et anti-impérialiste, où la violence dominante appelle la violence révolutionnaire des dominés, comme sa seule réplique adéquate.
Du « Livre noir du capitalisme » à « Y a-t-il une vie après le capitalisme », en passant par « Maîtres du monde » ou « l’Empire en guerre », Georges Labica a été partie prenante de tous les grands ouvrages collectifs que la maison d’édition a publié ces dix dernières années pour riposter aux guerres de l’empire ou réfléchir à l’alternative possible.
Connaisseur attentif du monde et de la culture arabes il avait aussi confié au Temps des Cerises son choix de textes commentés de la « Muqqadima » du grand historien Ibn Khaldun.
Georges Labica a aussi régulièrement participé aux travaux de la revue Commune, et chacune de ses contributions y était d’un apport éclairant et décisif. Celui d’un esprit lucide, certainement l’un des intellectuels contemporains français les plus brillants, qui était en même temps qu’un penseur un militant, un homme de réflexion et d’action.
Francis Combes
Notre ami Georges Labica nous a quittés jeudi 12 février, victime d’une hémorragie cérébrale. Né en 1930, il fut une des grandes figures intellectuelles du marxisme. Longtemps professeur à l’université de Nanterre, il avait contribué à en faire un lieu vivant de la philosophie. Outre ses très nombreux travaux sur Marx et le marxisme – dont l’indispensable Dictionnaire critique du marxisme (co-dirigé avec Bensussan, republié en PUF-Quadrige), il était un connaisseur érudit du monde arabe, de son histoire, de la politique, et de sa culture (il est l’auteur, par exemple, de Politique et religion chez Ibn Khaldoun. Essai sur l’idéologie musulmane, Alger, Société nationale d’édition et de diffusion, 1968). Son dernier ouvrage, Théorie de la violence mettait une fois de plus sa vaste érudition au service d’un appel à la résistance et à une stratégie combinant révolution et démocratie en vue d’une « paix libératrice en lieu et place de la violence systémique. »
J’ai connu Georges en passant ma thèse doctorat dont il présidait le jury. Nous nous sommes ensuite un peu fréquentés dans divers lieux de recherche et séminaires autour de l’oeuvre de Marx. Nous nous sommes retrouvés autour de la revue Utopie Critique où il continuait de tenir régulièrement les «Brèves». Dans le numéro 47 de cette revue (à paraître le 15 février), on trouvera la première partie de son étude «Le carrefour de mai 1968«. À «La Sociale«, il avait confié encore récemment une petite nouvelle, La Supérette, qui se terminait par un appel à l’insurrection contre cette société capitaliste insupportable. Georges Labica est resté jusqu’au fidèle à l’esprit de révolte, fidèle à ses idéaux… Un exemple à suivre.
Pour retrouver les travaux de Georges Labica, on peut consulter son site WEB. Il avait aussi enregistré des cours qu’on peut retrouver sur le site de l’Encyclopédie Sonore: sur «la République» de Platon, sur les classes sociales chez Marx, sur le concept d’égalité, sur le concept de révolution, sur le marxisme, sur Marx et Engels, sur philosophie et politique, sur «les Lois» de Platon.
Denis Collin
Parmi ses oeuvres je retiendrais:
Politique et religion chez Ibn Khaldoun. Essai sur l’idéologie musulmane, Alger, Société nationale d’édition et de diffusion, 1968.
Le Statut marxiste de la philosophie, Bruxelles, Éditions Complexe ; Paris, Presses universitaires de France, « Dialectique », 1976.
avec Gérard Bensussan (dir.), Dictionnaire critique du marxisme, en collaboration avec la revue Dialectiques, Paris, Presses universitaires de France, 1982 ; 3e éd., 1999, coll. « Quadrige ».
Karl Marx : les « Thèses sur Feuerbach », Paris, Presses universitaires de France, 1987.
Le Paradigme du Grand-Hornu. Essai sur l’idéologie, Montreuil-sous-Bois, PEC-la Brèche, 1987
Robespierre : une politique de la philosophie, Paris, Presses universitaires de France, « Philosophie », 1990.
avec Jean Robelin, (dir.), Politique et religion, Paris, Éditions l’Harmattan, 1994.
(dir.), Friedrich Engels, savant et révolutionnaire, actes du colloque international de Nanterre, 17-21 octobre 1995, organisé par le Centre de philosophie politique, économique et sociale du CNRS, publié par Mireille Delbraccio, Paris, PUF, « Actuel Marx confrontation », 1997.
Théorie de la violence, Naples, la Città del sole ; Paris, J. Vrin, « La pensée et l’histoire », 2007.
Blog de Marc Viellard, Ecrivain
http://marcviellardecrivain.vox.com/library/post/mort-de-georges-labica.html?_c=feed-atom
- 14 févr. 09 at 20:06
- 2 comments
Georges était à la fois un camarade, un grand intellectuel, un homme honnête et aimable. Une de ces grandes figures de la Gauche que j’ai eu la chance de rencontrer. Il est mort jeudi 12 février d’une hémorragie cérébrale.
Ces écrits sont précieux à ceux qui voient dans le marxisme la clé du monde actuelle et la base de la reconstruction de nos économies et de nos sociétés.
Je copie ici le texte que Francis Combes a écrit pour les éditions Le Temps des Cerises et que j’ai diffusé à la presse ce matin.
Georges Labica
Le philosophe Georges Labica vient de décéder, brutalement, le jeudi 12 février, d’une hémorragie cérébrale. Ceux qui ont eu la chance de la fréquenter et de travailler avec lui ressentent une grande peine et une énorme perte. Georges était un homme fraternel, à l’intelligence toujours en éveil, un intellectuel ouvert et combatif, un pédagogue et un orateur hors pairs, un esprit libre et un militant dont l’internationalisme et l’engagement ne se sont jamais démentis. Il était certainement l’un des penseurs marxistes les plus marquants d’aujourd’hui.
Outre son activité d’enseignant pendant des années, de l’Algérie à la faculté de Nanterre, il a produit une œuvre théorique nécessaire pour notre époque. Il fut notamment le co-directeur de cette somme qu’est « le Dictionnaire critique du marxisme ». Et, récemment, il avait fait paraître un grand essai, à contre-courant des platitudes bien pensantes en vogue actuellement, sa « Théorie de la violence » .
Aux éditions Le Temps des Cerises, il a notamment publié « Démocratie et révolution », qui explore de façon vive et stimulante le rapport entre ces deux termes, contribuant par là à refonder une pensée révolutionnaire pour aujourd’hui. Pour lui, Démocratie et Révolution sont plus que jamais indissociables. La démocratie pour la révolution, la révolution pour la démocratie : il n’est pas d’autre programme dans la lutte des classes antilibérale et anti-impérialiste, où la violence dominante appelle la violence révolutionnaire des dominés, comme sa seule réplique adéquate.
Du « Livre noir du capitalisme » à « Y a-t-il une vie après le capitalisme », en passant par « Maîtres du monde » ou « l’Empire en guerre », Georges Labica a été partie prenante de tous les grands ouvrages collectifs que la maison d’édition a publié ces dix dernières années pour riposter aux guerres de l’empire ou réfléchir à l’alternative possible.
Connaisseur attentif du monde et de la culture arabes il avait aussi confié au Temps des Cerises son choix de textes commentés de la « Muqqadima » du grand historien Ibn Khaldun.
Georges Labica a aussi régulièrement participé aux travaux de la revue Commune, et chacune de ses contributions y était d’un apport éclairant et décisif. Celui d’un esprit lucide, certainement l’un des intellectuels contemporains français les plus brillants, qui était en même temps qu’un penseur un militant, un homme de réflexion et d’action.
Francis Combes